Bienvenue au nouveau

23/01/2010

Oui, bienvenue à Soan, nouveau venu dans le très expansionniste groupe Kiki, dont les objectifs sont la conquête du monde d’ici 2023.
Soan, neveu de son état, aura fort à faire dans l’avenir afin de vaincre les forces du mal : le réchauffement climatique, les OGM, ne pas avoir connu Michael Jackson, l’expansion de la Chine en Afrique au nom d’intérêts géostratégiques, l’interdiction des open-bars… Ca va être la galère, mon gamin. Mais bon, tu feras comme tout le monde, c’est-à-dire que tu te démerderas comme tu peux, et ça sera déjà très bien.

Dans la longue liste des difficultés qui t’attendent dans la vie, tu as sûrement vu que j’ai mentionné Michael Jackson, ou Michel Fils de Jacques, comme il aimait à être appelé. Michel, Mimi, Michou, c’est la curiosité avec laquelle ton père et tes oncles on a grandit et qui a bouleversé certaines conventions, amenant à briser certaines idées reçues et à découvrir un certain nombre de choses :
- On peut naître noir et mourir blanc.
- Devenir star à l’âge de 7 ans, ça laisse parfois des marques.
- On ne fait pas dodo avec Michel, tout simplement parce qu’on ne passe pas ses nuits dans le lit d’une personne qui a 30 ans de plus que soit, à part si on vit en Thaïlande et qu’on est déjà majeure et vaccinée.
- Il n’est pas forcément ridicule de chanter devant sa glace avec une brosse à cheveux tout en marchant à reculons. Quoique.
- Le gant orné de brillants et porté à une seule main, c’est la classe.
- La veste en cuir rouge blindée de fermetures éclairs avec des épaulettes à la ounégaine, ça peut être la classe.
- Avoir recours à la chirurgie esthétique et se faire refaire 6 ou 7 fois le nez, c’est pas du tout la classe.

Mis à part cela, il nous faut célébrer l’artiste qui en a fait halluciner plus d’un, du fait d’une marque tout à fait particulière qu’il a su imprimer à sa musique, en tout cas pour les albums tels que Off The Wall, Thriller et Bad. Pour Dangerous, ça se discute un peu plus.
En tout cas, même si le gars tenait plus de E.T. que de l’être humain conventionnel, il nous faut bien avouer qu’il a taillé sa place dans la bande originale de notre génération. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, c’est un fait. Alors, forcément, à la fin, il était plus mis en lumière pour ses frasques et ses déboires avec la Justice que pour sa musique, mais bon…

Mon très cher neveu, je me demande bien ce que le futur artistique te réserve. Avant moi, y’a eu Elvis, Claude François, Kiss et Carlos, nous on a eu droit à Prince, Madonna, Michael Jackson, Kiss et Marylin Manson, alors je me demande bien à quel type de mec bizarre et qui fait de la zic tu auras droit (en plus de Kiss, je veux dire).

Tout ça pour dire que je suis à Manille pendant encore une heure.
Là, je suis à l’aéroport, et grâce au miracle des nouvelles technologies, j’écris ces quelques lignes.
Au risque de déranger et de transformer ce blog en une sorte de tribune politique, j’aimerais dire quelque chose : j’aime les aéroports.

Putain, comme j’y vais… Un vrai rebelle, le Kiki.

Oui, j’aime bien les aéroports.
J’aime bien regarder ces gens qui vont, qui viennent, qui partent, qui pleurent en se quittant, rigolent en se retrouvant.
J’aime les zones duty-free, ces zones franches et stériles où il n’y a rien d’autre à foutre que d’acheter des clopes et de l’alcool en mangeant un sandwich qui t’a coûté l’équivalent de la dette du Burkina Fasso.
Il y a des bagpackers, voyageant à budget réduit, en train de potasser le Lonely Planet avant d’entrer dans l’avion.
Il y a les businessmen, en train de bosser sur leur laptop, ou bien en train d’écrire des emails sur leur Blackberry our leur iPhone (il y a deux écoles).
Il y a des familles qui voyagent ensemble. En général, c’est le bordel.
Il y a les habitués, ceux qui connaissent parfaitement le fonctionnement d’un aéroport, qui sont détendus comme pas permis. Certains sont même des habitués de l’aéroport et le connaissent comme leur poche. Ils passent devant les magasins en décochant un « Bonjour Suzon ! », après le clin d’œil de circonstances au douanier.
Il y a les stressés, ceux qui ne parlent pas trop bien anglais, voire qui prennent l’avion pour la première fois de leur vie. En principe, ceux-là, on l’entend moins leur grande gueule. Ils sont assis, ne bougent pas, les doigts verrouillés sur leur passeport et leur ticket, mais tout en essayant de prendre un air détendu.
Il y a cet Indien à côté de moi qui me casse les couilles à beugler dans son téléphone portable.
Il y a tous plein de nationalités.
Des gens qui sont ensemble, qui voyagent ensemble, qui sont en train de manger ensemble, qui sont excités à l’idée d’aller à un endroit, ou bien qui ont peur d’y aller, ou bien qui n’en ont rien à foutre, tout simplement. Mais bon, ils sont là, et ils se parlent.
Ils se parlent parce que les seules télés dans un rayon de 100 mètres ne balancent que des pubs ou des horaires de décollages et des portes d’embarquement. Parfois, un plasma timide donne les news de la BBC.
C’est bien, la zone duty free. On se parle, on lit, on écoute de la musique, on s’emmerde un peu aussi, mais on est bien.

Soan, je te souhaite de connaître tout ça. Ca fera peut-être le malheur de ta pauvre mère, mais voyager est certainement le meilleur remède anti-connerie au monde.
Etre un étranger dans un pays qui n’est pas le sien, ça aide à relativiser beaucoup de choses.
Tiens, par exemple, l’autre jour, j’ai appris que les Arabes étaient eux aussi des êtres humains. Autant te dire que j’étais sur le cul.

Oh la la, il dit des bêtises, ce tonton…
Ici à Manille, pour la première fois (d’un autre côté, c’est ma deuxième visite), j’ai regardé la route pendant que je me rendais chez mes clients.
J’ai eu tout loisir d’admirer les bidonvilles qui juchent les abords de Manille et d’être choqué de voir un village de tôle ondulée idéalement situé à côté d’une décharge, qui constituait un terrain de jeu propice à des charmants bambins pleins d’espièglerie, mais qui constituait surtout un terrain propice à une espérance de vie qui ne dépassera pas 40 ans, un taux d’illettrisme à 90%, ainsi qu’une possibilité non négligeable de se bousiller les neurones à l’aide d’alcool frelaté ou de colle bon marché.

Hier également, j’ai vu des gens bien éduqués, dans la plus pure confession catholique, dans un esprit d’ouverture et de respect de son prochain ainsi que de sa religion, me balancer à demi-mots des idées reçues, racistes et dangereuses sur les Musulmans vivant au Sud des Philippines, ainsi que sur leurs voisins indonésiens. Deux heures plus tard, j’ai eu un meeting avec une personne qui vient te parler de « nos frères musulmans », dans une langue de bois politico-religieuse qui te met directement sur le cul.
C’est à ce moment-là que je me suis vraiment demandé où se trouvaient les extrémistes.

Tu te rends compte que ces gens-là n’ont aucune ouverture vers les autres, et qu’ils ne se posent aucune question sur ce qui se trouve à la périphérie de leur vie. Et tu te dis qu’en France, c’est clair que ça se passe pas comme ça.
Et puis tu réfléchis.
Et puis tu te dis que finalement, les Philippins n’ont pas le monopole de la connerie, et que nous aussi, parfois, on a de très beaux moments de génie pour ce qui est de la débilité et de l’étroitesse d’esprit.

Donc mes conseils de vie sont : voyage, mange du couscous, fais le moonwalk et fous la paix à ton prochain.

Et puis ne jette pas de papiers gras.

P’tit con, va.

KikiDju, joli bébé tout chaud

Do you remember the time?

23/01/2010

Alors voila, c’est fini, comme dirait Jean-Louis Aubert.
Michael Jackson nous a quitté.
Salut l’artiste, adieu à toi King of Pop.

Je viens de passer la matinée à faire du moonwalk en chialant dans mon bureau. Là, je me touche les parties génitales, et c’est pour toi Michael que je fais ça.

Michael, de son vrai nom Michel, était originaire du Lot et Garonne, comme chacun le sait.
Tout petit déjà, Michel puisa son inspiration dans la vie de tous les jours, chez le simple quidam, le passant débonnaire, qui au détour d’une rue pavée aimait à se gratter les couilles, tout simplement parce que ça détend.
Qu’à cela ne tienne : Michel décide de prendre ce geste millénaire à bras le corps et de s’en servir afin de marquer le monde de l’Art et de la Danse pour toujours.

Il nous manquera, notre bon Michel, quand même…

Sinon, je sais bien que ça fait longtemps que je n’ai pas écrit, mais je sais pas… j’avais pas la motivation. Ce qui compte c’est que je sois là aujourd’hui, non ?

Bref.
Ce dernier mois a été assez chargé en évènements, puisque j’ai passé trois semaines sur les routes d’Asie du Sud-Est, avec un trajet de rêve : Bangkok-Jakarta-Semarang-Kudus-Semarang-Jakarta-Singapour-Johor-Malacca-Kuala Lumpur-Bangkok.
Ah oui : et puis le trajet de Singapour à Kuala Lumpur fait en voiture.
Non, franchement, sans déconner, qui dit mieux ?
Le pire dans cette histoire, c’est que je ne suis même pas sûr de pouvoir atteindre de statut Gold de la Thai Airways, malgré tous les voyages que je m’enchaîne…

Le statut Gold… Priorité aux enregistrements, accès au lounge avec petit buffet à volonté, priorité à l’embarquement, 2 surclassements en cadeaux et 40Kg de bagages autorisés.
Etre statut Gold, c’est un peu faire partie du petit noyau dur de la grande famille Thai Airways. Et je ne compte pas laisser ce rêve s’échapper…

Tout ça pour dire que c’était l’anniversaire d’Audrey cette semaine.
Audrey, c’est une copine. Enfin, une copine à la Dame de mes Pensées.
Audrey, elle est Chinoise. Non, Française. Non, Cambodgienne. Enfin c’est une Sino-Cambodgienne avec la nationalité française.
En fait, il serait plus exacte de parler de Teochew française dont les parents sont nés au Cambodge.

Ben ouais.
Les Teochew sont les gens originaires de la ville de Chaozhou, qui se prononce Teochew dans le langage du cru. Ce peuple reconnu pour ses qualités commerçantes jouit d’une très importante disaspora en Asie du Sud-Est, et représente dans le monde 20% de la diaspora totale chinoise. Durant les conflits qui ont embrasé l’Asie du Sud-Est durant les 50 dernières années, les Teochew s’en sont relativement pris plein la gueule, et ont donc continué leurs pérégrinations jusqu’en Europe, aux Etat-unis, Australie, etc. Aujourd’hui, le XIIIème arrondissement de Paris est très peuplé en Teochews, même si d’autres communautés chinoises commencent aujourd’hui à prendre le pas.

Mais on est pas là pour prendre un cours d’histoire contemporaine chinoise, on est là pour parler d’Audrey.
Donc c’était l’anniversaire d’Audrey.
En fait non, c’était sa fête.

Putain, c’est nul cet article… Je dis que des conneries aujourd’hui…

Bon, en fait, elle est née un 1er Janvier. Du coup, elle peut jamais fêter son anniversaire, et à la place, elle fête la Ste Audrey.
C’est bon, là ?

Pour sa fête donc, elle nous a invité à une soirée tango argentin.
Si si, sans déconner. kikiDju à une soirée tango argentin.
Hé ben c’est assez intéressant, en fait, les soirées tango argentin : tout le monde se met sur son trente-et-un, une ambiance années 50 vient nous caresser les yeux jusqu’à voir dans un mélange de couleurs et de sépia… Non non, c’est sympa.
Bon, il faut pas me demander de danser, bien sûr, mais c’est sympa.

La tango est une danse extrêmement sensuelle. Pas érotique, sensuelle.
Tout est dans le mouvement et l’absence de mouvement, dans l’interprétation des gestes du partenaire, dans les combinaisons de calmes et de tempêtes, dans les pas qui se veulent extrêment légers sans jamais être aériens.
Non, c’est vrai, le tango est une très belle danse.

Voila.

Et là, vous vous demandez comment ça se fait que j’écris autant aujourd’hui.
Hé bien je vais vous le dire : le serveur de ma boîte à Paris est en rade, ce qui fait que je n’ai rien à foutre, étant donné que je ne reçois plus d’email et que je ne peux plus en envoyer non plus.
Reste à me préparer pour mes prochaines vacances en amoureux à Koh Tao. Je pars ce soir, et ce coup-ci, j’espère ne pas être dérangé pour m’entendre dire que l’appart du voisin a pris feu pendant la nuit.
Nous allons donc (ré)essayer de passer notre premier niveau de plongée sous-marine, histoire d’aller faire chier du poisson.

Je vous raconterai tout ça de toute façon, mais là, il faut que je vous laisse, car il est temps pour moi d’aller manger.

Heal the World,

KikiDju, en Black & White

C’est que de l’eau, de l’eau de pluie…

23/01/2010

… de l’eau de là-haut.
Pardonnez-moi mon père, car j’ai pêché. Cela fait à présent bien longtemps que je ne me suis pas confessé.
C’est vrai que cela fait longtemps que je ne me suis pas penché avec délectation et égocentrisme sur le récit de ma vie, le tout à la première personne.
Plus rien à raconter ? Non, pas vraiment. Je passe encore une bonne partie de mon temps sur les routes, il y a donc de quoi faire.
Perte de motivation ? Je ne pense pas, car j’aime toujours autant me lâcher sur des sujets brûlants, tels que la sécurité routière ou la corrida.
Non, en fait, je pense que la raison pour laquelle je ne sais plus trop comment prendre ce blog, c’est que je suis en proie à une véritable crise existentielle.
J’ai en ce moment tout pour être heureux : une Dame de mes Pensées qui m’aime au point de rattraper ses carences concernant l’histoire du cinématographe, un job que j’apprécie et dont les efforts commencent à être payants, une bonne équipe de bras cassés à Bangkok avec qui je m’entends bien, plus un seul emprunt sur le dos, ce qui me permet de regarder le futur avec un brin d’espoir, un appart du tonnerre que Donald Trump m’envie… Mais bon, voila, j’aurais voulu être un artiste, pour pouvoir faire mon numéro, pour être le premier sur la piste, à Rotterdam ou à Rio.
La vérité, c’est que j’ai un peu de mal à assumer ce que je suis en ce moment, surtout depuis deux semaines. En effet, en l’espace de 15 jours, j’ai eu le temps de me mettre au golf, de me faire faire un costard et des chemises sur mesures avec boutons de manchette et tout et tout. Mes propres discussions sur l’évolution des prix de l’immobilier m’emmerdent, et j’en viens à regretter cette époque où le gros des discussions consistait à savoir qui couchait avec qui.
En gros, j’ai tous les attributs du nouveau riche qui jouit de son nouveau statut, et je tente désespérément de me rassurer en me disant que ça ne change pas qui je suis, car comme disait Johnny, « ça ne change pas un homme, un homme ça vieillit. »
Donc je vieillis, j’ai bientôt 30 ans et l’impression que je n’ai pas fait grand chose de ma vie, en tout cas rien de bien énorme. La crise de la trentaine me guette donc, et j’ai décidé pour y remédier de faire tout un tas de trucs débiles, du style passer mon brevet de saut en chute libre, ou plus simplement de me mettre une grosse mitasse pour mon prochain anniversaire de quasiment tiers de siècle.
La question que je me pose, c’est de savoir si c’est bien ou pas que je fasse une crise de la trentaine, et surtout si cette crise de la trentaine atténuera les effets de celles de la quarantaine et de la cinquantaine. Parce que si à 30 ans je commence à péter un câble, les prochaines dizaines risquent de se transformer en parcours du combattant pour mes proches.
Mais bon. Revenons à nos moutons et à cette fabuleuse journée de l’autre jour, placée sous le signe du sport et de l’esprit Coubertin.
Car oui, la communauté francophone de Bangkok sait aussi promouvoir l’effort physique comme une solution au mal-être et comme activité sociale : la semaine dernière, grâce à l’Union des Français de l’Etranger, c’était JOURNEE PETANQUE.
Que c’est beau, toute cette francitude, cette saine et virile émulation, ces engueulades portant sur le centimètre d’écart, ces gens bourrés au bout de trois partie « parce qu’il fait chaud et qu’il faut s’hydrater »… C’est dans des moments comme ça qu’on a envie de s’écrier vive la France, une main sur le cœur, l’autre étreignant le drapeau pour lequel tant d’hommes et de femmes ont payé de leur vie la liberté de tout un peuple qui ne cédera jamais sous le joug de l’oppression.
Une journée placée donc sous le signe du sport noble et de la déconne, avec un Dédé très en forme.
Dédé, il est de Bordeaux, il a 72 ans, c’est un ancien commercial à la retraite, et il a décidé de pas se laisser emmerder. Du coup, sa retraite, c’est en Thaïlande qu’il la passe, et si vous voulez passer à la maison jouer au domino et boire du Ricard, bé y’a moyen. Dédé faisait équipe avec un gars qu’il venait de rencontrer pour le tournoi de pétanque. Il est bon ce Dédé… Par contre, l’autre il était un peu moins bon.
Et surtout plus bourré.
Il allait inspecter le terrain avant de tirer chacune de ses boules, à mesurer avec son mètre Crédit Agricole alors qu’il y avait 20cm d’écart entre les boules… C’était mignon, mais un peu lourdingue.
Le Dédé, pendant ce temps-là, il était fou. Il n’arrêtait pas dire au lourdingue qu’il allait le mordre, et faisait marrer tous les Thaïs qui assistaient à l’évènement.

Attendez, deux secondes.

Non, c’est bon.
Oui, parce que je vous ai pas dit, mais au moment où j’écris cet article, je suis au beau milieu d’un salon agro-alimentaire à Bangkok, je suis à mon stand et je m’emmerde*.
Et si ça continue, je pense qu’à force de me casser les couilles, la pretty du stand d’à côté va se prendre son micro dans le cul.
Ah oui : la pretty. J’ai appris ce conceptif y’a pas longtemps, et du coup, j’explique.
Dans les salons, sur les stands, on recrute parfois des hôtesses. Certaines d’entre elles sont là pour être purement des hôtesses d’accueil, qui servent le café et donnent des infos sur les produits, et puis il y a les prettys.
La pretty, comme sont nom l’indique, est plutôt mignonne de son visage, ainsi que des autres composantes de sa personnalité. Elle est plutôt court vêtue, n’a pas froid aux yeux (ni aux jambes d’ailleurs), et est là pour attirer le chaland et décrocher quelques mâchoires.

Alors voila.
Bon, je vais revenir à la journée pétanque, mais avant, je voudrais préciser à Moumou que je sais bien qu’on dit pas « conceptif ». Mais qu’il est con, ce Moumou des fois…
Pétanque, donc.
Passons brièvement sur le fait que j’ai perdu tous mes matchs, ça n’apporte aucun intérêt au récit, et puis ce qui compte finalement, c’est que l’esprit du sport était là et que ce connard de Simon a fait couler notre binôme. Alors soyons beaux joueurs, de grâce.
Tout l’intérêt de cette histoire vient en fait de ce qu’il s’est passé au coucher du soleil : la pluie de mousson.
Donc pour ceux qui ne seraient pas trop familiers avec la pluie de mousson, grosso modo, tu te plains toutes la journée avant qu’il pleuve parce que la chaleur est étouffante, et puis après tu te plains parce qu’il pleut pendant parfois deux heures avec un débit proche des chutes du Niagara. Dès lors, toutes les rues sont inondées, et c’est un joyeux bordel.
C’est à ce moment-là qu’il nous a fallu rentrer en compagnie de la Dame de mes Pensées, sur ce beau scooter Yamaha Fino qu’elle aime parfois plus que moi. Je vous laisse imaginer comment on a kiffé la dizaine de kilomètres à parcourir dans 20 centimètres d’eau, avec la pluie qui battait d’un rythme joyeux, guilleret et un brin potache le sommet de nos têtes et la visière de nos casques.
Aaaaah… Rien que d’en parler, j’en rekiffe. Ce me fout les poils… A moins que ce soit la climatisation de ce hall d’exposition qui fait penser à un frigo, parce que c’est également vachement possible, ça aussi.

Je vais à présent vous laisser, car point trop n’en faut.

La bise au chien,

KikiDju, existentialiste

* Cet article a été écrit le 17 mai 2009 et posté uniquement aujourd’hui 27 mai. (ndlr)

Fils de Cha Am

23/01/2010

L’actualité a été récemment bien chargée.

Tout d’abord, il y a eu l’arrêt de la série Battlestar Galactica, dont je dois être le seul Français dans ma tranche d’âge à en avoir quelque chose à carrer, mais quand même…
C’est pas parce que la France – et très probablement le Monde – s’en fout que ça n’en reste pas moins une catastrophe planétaire. Laissons là le travail de mémoire aux historiens, mais en attendant, je vous conseille énergiquement de vous ruer sur cette série qui fait la fierté du genre Science-Fiction.

Ensuite, pour rester dans l’actualité brûlante, je suis allé à Cha Am avec la Dame de Mes Pensées.
Cha Am, pour ceux qui ne sont pas encore totalement rompus comme des bâtons (eux-mêmes rompus) à la géographie du littoral thaïlandais, c’est une charmante petite station balnéaire thaïe, située à environ deux-trois heures de routes de Bangkok.

Et là, je vois tout de suite le flair de lecteur assidu de Moumou qui vient me dire “Mais pourquoi “station balnéaire thaïe” ? Car effectivement, c’est déjà en Thaïlande, alors pourquoi préciser ?

Bravo Moumou.
Cette attention aux détails me donnerait presque envie de verser une larme d’émotion.
Mais comme j’ai arrêté de ressentir des émotions depuis Juin 1994, je resterai donc de marbre face à cette merveilleuse remarque.
Je vais cependant expliquer.

La Thaïlande a beaucoup de côtes, donc beaucoup de plages, et donc beaucoup de stations balnéaires.
Certaines de ces stations se sont développées aux fil du temps afin de s’orienter vers une clientèle étrangère : les étrangers dépensent plus, ils ont des goûts différents en matière d’activités touristiques, de goûts culinaires, de standards de vie et d’hôtellerie.
Pour résumer de façon assez simpliste, le succès de la Thaïlande en tant que destination de vacances a amené l’économie du tourisme à s’adapter en fonction, ce qui a entraîné l’émergence de zones très peuplées en touristes internationaux, et une hausse des prix qui rend l’accès à ces endroits prohibitif aux classes moyennes thaïlandaises.

Du coup, d’autres zones se sont développées, plus proches de Bangkok, avec des plages un peu moins remplies de cocotiers, avec de la bouffe thaïe et seulement de la bouffe thaïe, des activités un peu plus en phase avec les goûts des Thaïlandais, ainsi que des prix beaucoup plus en rapport avec les salaires locaux.
En langage expat – et sans connotation négative aucune – on a tendance à appeler ça une station balnéaire thaïe.

Et c’est pareil avec les boîtes de nuit : il y a à Bangkok des boîtes de nuit thaïes et des boîtes de nuit pour étrangers.
Mais ce coup-ci, la raison tient principalement au fait que dès qu’il y a des étrangers dans une boîtes, il y a par conséquent des putes partout (ou alors des filles extrêmement gentilles). Ainsi, la boîte pour étrangers est considérée comme un lieu de débauche pour les Thaïlandais et Thaïlandaises de bonne famille, et ils évitent ces endroits comme la peste.

Enfin tout ça pour dire qu’on est allé à Cha Am avec des potes et que c’était sympa.
Qui dit station balnéaire thaïe, dit donc pratiques très très thaïe, à commencer par les comportements sur la plage.

Je rappelle que le Thaïlandais déteste bronzer. Par conséquent, pas besoin de venir avec son parasol, puisqu’ils couvrent déjà toute la plage et se loue en même temps que les transats. Et là, pas le choix, puisque tout carré de sable est de toute façon recouvert par un transat et un parasol. Donc pas moyen de s’allonger sur une serviette.
De toute façon, t’as pas trop envie de t’allonger sur la serviette. Je sais pas pourquoi…
Peut-être à cause de tous ces chiens qui viennent pisser dans le sable en toute tranquilité.
Ou peut-être à cause de tous ces cavaliers qui passent de parasol en parasol pour proposer des ballades à cheval, pendant que le canasson est en train de se soulager à la fraîche.

L’activité principale ici, c’est la chambre à air de camion qui sert de bouée et qu’on loue pour pas cher. Tout plein de bambins s’égayent joyeusement avec ces bateaux de fortune, et c’est beau.

???

Ces trois points d’interrogation, c’est pour marquer la surprise, ainsi qu’introduire la question que l’on se pose généralement en voyant les gens nager. Et la voici, la question :
Mais pourquoi tout le monde garde ses fringues pour nager ?
Tu vois même des mecs sortir de l’eau avec leur jean sur les fesses…

La réponse est pas trop compliquée, et tient en deux mots : pudeur et bronzage.
Pudeur, car les Thaïlandais(e)s n’exhibent pas trop leurs formes, mis à part – et ce de façon inexpliquable – pour les jambes, le short au ras du cul n’étant pas ici considéré comme vulgaire.
Ensuite bronzage, car les critères de beauté ici sont différents. C’est bien connu, on a jamais ce qu’on veut : quand on a des cheveux bouclés, on les voudrait lisses, quand on a les cheveux lisses, on les voudrait bouclés, et quand on a pas de cheveux, ben on voudrait des cheveux.
La peau, ça fonctionne pareil que les cheveux. Quand en Europe on a le moindre rayon de soleil, on va tous à la plage pour essayer de se brunir la peau, alors que les Thaïs, quant à eux, passent leur temps à essayer de ne pas bronzer : parapluie, fringues longues et couvrantes, crèmes blanchissantes… Tout y passe.

Essayez d’imaginer juste un instant la scène : une plage remplie de Thaïlandais, et ceux-ci voient arriver 4 Français qui se désapent en plein cagnard. Ensuite, pour compenser la perte des vêtements, les voici qui se badigeonnent d’une épaisseur de 10 centimètres de crème indice 50, histoire d’être protégés.
Point de vue thaïlandais : mais pourquoi retirer tes vêtements si c’est pour te mettre une crème protectrice dans la foulée ? Ils sont fous ces farangs ( = occidentaux)…
Les filles farangs qui nous accompagnent, pendant ce temps, n’osent même pas se mettre en maillot et devenir l’attraction de toute la plage.

Enfin voila, c’était sympa, Cha Am. Je dis ça, mais on a bien rigolé, et c’est très agréable d’avoir un week-end de détente dans un endroit qui n’est pas rempli de touristes étrangers, histoire de vivre un peu la vie des Thaïlandais en vacances.

Bon, sinon, il s’est passé quoi récemment ?

Ah oui : les chemises rouges.
Alors je ne vais pas commencer à parler de la situation politique en Thaïlande, parce qu’on en a pour deux heures. Tout ce qu’il faut savoir, c’est que c’est un beau bordel, ces histoires de chemises rouges, de de chemises jaunes, et maintenant, il y a même des chemises noires, ou bien bleues marine à ce qu’il paraît…
Je tenterai de faire un article à ce sujet une prochaine fois.

Mais sinon, il y a aussi eu Pimai.
Ou Songkran, comme on l’appelle.
Bon, ça fait deux ans que j’explique, alors je ne vais pas me retaper une énième fois l’explication de Songkran, mais grosso modo, c’est le nouvel an thaï et lao, et pour l’occase, on lave les Bouddhas dans les temples et dans les maisons. Mais Songkran, c’est surtout l’occasion de pas être trop regardant sur la facture d’électricité afin de pouvoir aller balancer des grands baquets d’eau dans la gueule des passants dans la rue pendant près d’une semaine.
Une fête très conviviale, très bon enfant, qui se passe dans la bonne humeur, le respect du Seigneur, ainsi qu’un niveau d’éthylisme à faire pâlir un alcootest.
En gros, c’est sympa.

Cette année, ce fut un Pimai assez calme et tranquille, car passé en compagnie de la Dame de mes Pensée pour une nouvelle visite de Luang Prabang, après un passage sur Vientiane. Deuxième fois que je vais à Luang Prabang en l’espace de trois mois, mais ça reste sympa, et puis c’est intéressant de voir un lieu à différentes époques de l’année. Le Mékong ne cesse d’offrir des paysages hallucinants, et la ville elle-même ne cesse de rendre cette atmosphère si particulière, soufflant une brise de douceur de vivre d’un autre temps.
Pimai à Luang Prabang, c’est assez énorme : même les flics se prennent de grands baquets d’eau dans la gueule quand ils ont le malheur de passer en moto à côté d’un groupe de jeunes.
Tu passes la journée trempé, mais c’est plutôt sympa, si on considère l’espèce de chaleur de sa grand-mère qu’il fait dehors.

Bon, enfin c’est pas tout ça, mais il se fait tard, et il est temps d’aller faire un gros dodo.

Bisous,

KikiDju, humide

On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille…

23/01/2010

… on choisit pas non plus les trottoirs de Manille.

Parce que oui, tout à fait, aujourd’hui je suis à Manille. Et bien que les trottoirs de cette ville, tout comme ceux de Paris ou d’Alger, ne m’ont pas appris à marcher, je pense donc qu’il ne sera pas obligatoire de changer de parents.

Donc Manille.

Pardon, d’habitude, je commence jamais en rentrant comme ça dans le vif du sujet. Peut-être voulez-vous une blagounette avant que je me lance ?

Ok, facile.
C’est Toto, au lieu de manger des saucisses, il a mangé des cartouches de fusils, alors quand il va aux vaters, ça fait des trous.

Elle est bien bonne.
Les enfants, ne mangez pas de cartouches. C’est les fusils et les victimes de guerre qui mangent les cartouches, et vous vous mangez les bonbons. Chacun sa nourriture.

Donc Manille.
Une bien belle ville, cette petite Manille. Une ville qui rapp…

Quoi Moumou ?
Ben si, Manille, c’est aux Philippines. Oui, en Afrique, si tu veux…

Bref.
Manille, une ville qui rapp…

Bon, Moumou, tu commences à faire chier. Evidemment que oui, je me foutais de ta gueule, et que les Philippines, c’est en Asie.
Et range cet article Wikipedia s’il te plaît.

Si Moumou l’autorise, je vais continuer.
Donc Manille est une ville assez marrante, puisqu’elle rappelle tour à tour Singapour pour le quartier des affaires, Jakarta pour certaines architecture, et bangkok pour la disposition des routes et des autoponts.

La langue nationale, rien qu’elle, elle est marrante : ça s’appelle le tagalog.
En verlan, ça fait golagat, et c’est toujours aussi marrant.

1521, Magellan arrive avec une bande de pote. Après avoir pété la gueule d’à peu près tous ceux qui voulaient la ramener, l’Espagne en fait son avant-poste pour l’évangélisation de l’Asie.
Comme l’Espagne adore qu’un plan se déroule sans accroc, le reste de l’Asie ne sera pas évangélisé, à part peut-être pour le Timor oriental, mais ça c’est grâce au Portugais.
Les Philippines appartiennent donc à l’Espagne, mais sont gérées depuis le Mexique.

Dès que quelqu’un voit une once de débilité dans ces faits historiques, qu’il lève la main ou qu’il se taise à jamais.

Ok, baissez les mains.
Je continue.

Le Mexique est loin, l’Espagne est loin, mais Jésus est tout près, car il est dans nos coeurs et avec tous les moines qui sont venu d’Europe avec les derniers tubes à la mode et des cravaches neuves. Rapidement, on se retrouve face à un état religieux et gestionnaire.
Au bout d’un moment, et parce qu’il y en a ras le cul d’aller à la messe le dimanche quand tu as fait la fête la veille, les Philippins se mettent en tête de dégager les espingouins.
Après une petite guerre américano-espagnole en 1898, l’Amérique achète les Philippines pour 20 millions de dollars.
Comme quoi n’importe quel connard qui participe à un jeu télé peut aujourd’hui quasiment prétendre à acheter une nation de 92 millions d’habitants.
L’Amérique ACHETE les Philippines, car ils sont bien entendu pour la démocratie et contre l’oppression. Mais bon, business is business…

1945, parce que les US viennent de se casser le cul avec les Japonais (qui avaient d’ailleurs envahit leur placement à 20 millions de boules), ceux-ci partent de Philippines, en laissant un certaine empreinte de leur passage :
- L’anglais est conservé comme langue parlée à l’école.
- La motion “Faith in our people, Faith in our God” sur les billet de 500 pesos (assez proche d’un certain “In God we trust”).
- Le drapeau américain bien en évidence sur le billet de 100 pesos.

Comme quoi, on a pas toujours du ressentiment après avoir été colonisé…

un autre cadeau que les Américains ont laissé en se barrant, ce sont leur jeeps.
Et ça, les Philippins ont bien réussi à leur donner une seconde vie. Etincellantes comme es armures étincellantes, elles ont été totalement customisées et modifiées, de façon à les transformer en sortes de mini-bus.
La jeep philippine, c’est trop la classe. il faudra que je prenne des photos.
Ils te mettents 15 rétroviseurs de chaque côté, c’est clinquant de partout, à l’arrière tu as la mention “God, please bless this ride”… enfin que du bonheur, quoi.

Un autre truc marrant : ils ont une chaîne de restauration rapide qui fait de splats asiatiques et s’appelle Chow King.
En anglais, ça fait “chocking”, ce qui veut dire “étouffant”, mais je sais pas, y’a que moi que ça fait marrer…

Aujourd’hui, les Philippines, vues par les étrangers, c’est avant tout une grande diasopora. C’est une mine d’or de femmes de ménage pour Hong-Kong, de laveurs de pont et de coupeurs de patates pour les bateaux de croisières, et une inépuisable ressources naturelle de groupes de chanteurs, imbattables pour reprendre les plus grand tubes dans les grands hôtels asiatiques.
Le tout forme l’une des plus importantes entrées d’argent et de devises étrangères pour le pays.

Enfin voila.
C’était mes premières impressions sur les Philippines, terre de contrastes mais néanmoins de mystères.

A plus Pollux,

KikiDju, né quelque part

Jesus Christ Superstar

23/01/2010

Il faut parfois dans la vie faire preuve d’un peu de bollocks, ce que nos amis de l’Union Méditerranéenne appelleraient les glawouis, et prendre un peu position sur des sujets de société qui dérangent.

Ma bonne éducation chrétienne-catholique ne me permet en principe pas de dire que notre bon pape Benoît est un trou du cul. Même si je le pensais très fort, je serais quand même obligé de me la jouer corporate (à prononcer cowrpowrète) et de protéger le Saint-Père, qui est QUAND MEME le représentant de Dieu sur Terre, et là je sens qu’on fait déjà moins les malins au fond dans la salle.
En gros, le Pape, c’est un peu l’assistant de Dieu.
Ou le secrétaire.
En fait, le Pape est à Dieu ce que le Schtroumpf à lunettes est au Grand Schtroumpf.

On aime bien le défoncer, le Schtroumpf à lunettes, parce que c’est vrai que c’est un gros con, mais d’un autre côté, on peut pas s’empêcher de bien l’aimer.

Le Pape était en Afrique la semaine dernière. Il est allé raconter que le préservatif, grosso merdo, c’était de la merde et que ça marchait pas.
J’ai pas suivi avec une attention débordante les nouvelles de la papamobile sur les routes de brousse, mais j’ai quand même été étonné de voir à quel point l’opinion française a été outrée par ce que le Pape disait.

Le Pape bosse pour Dieu, le sien en tout cas. Il a une notice d’utilisation – la Bible – qui est censé lui donner un peu toutes les indications désirées pour appréhender un bon fonctionnement de la société des êtres humains.
D’après le Schtroumpf à lunettes, il serait dit dans la notice que nous n’aurions droit à l’acte sexuel que dans le but unique et ultime de procréer.
Pour résumer, tu peux niquer, mais si c’est pour faire un gosse.
La notice du Schtroumf à lunettes, elle a marché pendant des années. Y’a même des années où elle marchait tellement bien, cette notice, que l’on est allé bousiller des mecs un peu basanés en son nom. Les gens étaient tellement le nez dans la notice que tout ce qui en sortait, ou bien tout schtroumpf qui en faisait une interprétation, devenait – et si vous me permettez le jeu de mot – automatiquement paroles d’évangile.
Du coup, personne se posait de question. Bien sûr, les gens avaient quand même des rapports sexuels, mais ils faisaient les bébés, puisqu’il n’y avait ni contraception, ni avortement. Et puis la mortalité infantile était tellement importante que finalement, autant faire un max de môme, on allait peut-être en avoir 2 qui allaient dépasser les 20 ans.

Et un jour, les gens ont arrêté de croire en Dieu.
Et la médecine a fait des progrès, permettant de réduire la mortalité infantile et de faire vivre les gens centenaires.
Et puis ceux qui y croyaient encore ont commencé à y croire, mais différemment.
Et la contraception est arrivée.
Et on s’est dit “Tiens ! Mais en fait, on peut forniquer toute la semaine sans crainte d’avoir une floppée de mômes dont on ne pourra pas assumer la responsablité financière ? C’est bon ça…”

La forniquation décomplexée était née, et le Catholicisme venait de se prendre un méchant coup du lapin.

Le SIDA fut quand même une sacrée aubaine pour le Vatican. Non pas que les prêtres se réjouissaient des malades et des morts, mais merde : une maladie qui touche les homosexuels ? C’est Dieu qui punit un acte contre-nature.
Rapidement, on se rend compte qu’en fait, y’a pas que les pédés qui morflent, y’a aussi les hétéros : ah mais ouais, mais Petit Jésus il a bien dit qu’il fallait pas couiller à droite et à gauche.

Mettons de côté un instant les paroles du Pape, que je n’ai pas entendues d’ailleurs, et concentrons-nous sur les à-côtés du discours. Le point de vue chrétien-catholique est que la famille est l’élément central de la Vie. L’homme et la femme se doivent fidélité, et on ne fait pas de folies de son corps à moins de vouloir procréer.
Si tu suis cette logique jusqu’au bout parce que tu es Chrétien et que tu as des convictions, alors oui : cette façon de vivre est une réponse à la pandémie de SIDA qui sévit actuellement en Afrique. Et dans un cas pareil, le Pape ne peut décemment pas promouvoir, même un petit peu, l’usage du préservatif.

Mettons-nous à présent du côté des ONG et adoptons-leur point de vue.
Pandémie de SIDA en Afrique. Le monde va mal. L’humain est ce qu’il est, et son but dans la vie, c’est d’assouvir ses besoins primaires : manger, boire, dormir, relâcher la tension sexuelle.
Des années de pratiques (au choix) de polygamie, de maris ou de femmes volages, de conflits armés menant à des viols en cascade, de règles d’hygiène non-respectées dans les centres de soin, ont amenés à l’une des plus grosses épidémies de l’histoire de l’humanité.
Les gens ne le savent pas toujours, mais les premiers cas déclarés de SIDA sont apparus à San Francisco et New York à la fin des années 70. L’épidémie a donc été exportée en Afrique, et nous avons une responsabilité envers ce continent.
De la même façon que la prostitution est le plus vieux métier du monde, il est illusoire de croire en la fidélité du couple comme solution au SIDA. Autant oublier également que hommes et femmes n’ont des rapports sexuels que pour procréer. La société est ainsi faite, c’est un constat. Pleure qui veut, cela ne changera rien au bilan.
La seule solution qui reste, c’est donc de tenter de sensibiliser les jeunes générations à l’usage du préservatif, seule protection efficace conte le virus.
Mais quand le Pape prend position CONTRE le préservatif, allant jusqu’à douter de son efficacité, le petit bonhomme en blanc sape tous les efforts de milliers d’ONG à travers toute l’Afrique qui tentaient tant bien que mal d’apporter une solution à un problème qui va au-delà du religieux.

La grosse erreur de Benoît, Ben pour les intimes et Benoute pour les copains, c’est de prendre position. Que tu crois en la fidélité et l’abstinence, c’est bien. ca fait même avancer le débat. Mais aller jusqu’à condamner publiquement l’usage du préservatif, c’est là le moment où l’on a envie de dire MAIS FERME TA GUEULE BENOUTE (en toute amitié, puisque je l’appelle Benoute).

Idéal religieux et réalisme fataliste.
Tentative de changer la société et ses moeurs contre constat de la réalité présente.
Ce sont là deux doctrines qui s’opposent et qui ne peuvent décemment pas se concilier.

Tout ça pour dire qu’il y a deux semaines, j’étais sur la Baie d’Halong avec ma Douce.
C’est marrant de dire Baie d’Halong, car si j’étais un Ayatollah de l’orthographe, il faudrait que je dise Baie de Halong. D’un autre côté, il parait qu’on peut maintenant dire “L’haricot” et “l’handicapé”.
Qui a dit que le français était une langue qui avait cessé d’évoluer ?

C’est quand même bien beau, cette petite baie.
Merveille géologique, la baie d’Halong est composée d’un massif karstique, qui parsème donc l’eau de centaines de petites îles escarpées.
Bon, on a juste eu le temps d’un week-end pour en profiter, mais c’était sympa. Et en plus il a fait beau.
Donc petite croisière en amoureux sur un bateau pour ma Douce, ma personne, 4 touristes européens et une douzaine de chinois armés d’appareils photos.

Le Chinois est taquin, lorsqu’il s’agit de photographie artistique. Le Chinois aime à se mettre devant un caillou ou bien un karst (explication plus haut), se tenir droit comme un i et ne pas sourire, pendant que le pote immortalise la scène. Ensuite, on change vite-vite-vite les postes, car le copain aussi veut se faire photographier devant la même scène, ce qui n’est pas facile avec un bateau en mouvement.

Malgré le Chinois taquin fan de photo, ou bien grâce à lui, la croisière fut une pure merveille. Nous pouvions nous imaginer seuls au monde, voguant comme des explorateurs découvrant des paysages intacts et vierges au son des flot qui venaient s’écraser délicate…

Pardon ? Oui, tout à fait monsieur le Chinois, je peux prendre une photo de vous et de votre copine.

Ben oui, parce qu’après les photos individuelles, y’a les photos de groupe.

mais bon, c’était marrant. En plus, en faisant ça, nous réalisions le rêve de la Dame de mes Pensées, qui voulait plus que tout voir ces paysages. En effet, quand elle était plus petite que ce qu’elle est actuellement, une amie à elle est partie avec sa famille s’installer à Hanoi. Cette amie envoyait régulièrement des cartes postales de la baie d’Halong amenant la Petite Dame Pas Encore Mais Prochainement Des Mes Pensées à rêver des contrées lointaines et exotiques.

C’est encore beau la baie d’Halong, mais foutredieu, c’est touristique. Des centaines et des centaines de touristes pas jour qui se relaient, tout le monde a pris un tour sur deux ou trois jours, avec la même interrogation pour tout le monde : “Mais il est où mon passeport, bordel ?”
Car certains tour operators te prennent ton passeport au début de l’excursion, et te le rendront à la fin du séjour.
Le problème, c’est que le tour operator, le mini-bus, le bus, le bateau, l’hôtel… Tout ça, c’est que des boîtes différentes qui gèrent.
Quand tu montes dans le bus, tu te crois à Rungis. On est 30 personnes, on a pris nos tours dans 12 agences différentes de Hanoi. Déjà, ça te met en confiance.
Tu arrives à l’embarcadère de Halong, et on te fait prendre un autre bateau que tout le groupe avec lequel tu as voyagé dans le bus.
Arrivés sur l’île de Catba (dans la baie), tu reprends le bus avec que des gens qui vont pas au même hôtel que toi.
Un Australien descend du bus avec son sac, fais deux mètres, se retourne et dit “Hé au fait, mon passeport, il est où ? Je le réccupère quand ? Parce que le gars du tour operator, il me l’a pris et…”
C’est la que le guide du bus essaie de lui expliquer que ça va bien se passer, en assénant à notre Wallabi une myriade de “No problem, no problem”.
Pendant ce temps, son pote le chauffeur de bus referme les portes et démarre en disant un truc du style “allez, viens, il nous emmerde avec son passeport, c’est toujours la même chose…”
Notre ami australien reste sur le bitume, à se demander si il retrouvera un jour sa Mère-Patrie.

Enfin, à l’hôtel, tu finis avec deux autres paumés, des Vietnams.

Non, je dis des Vietnams en hommage à mon petit cousin Alex qui vit au Laos. Un jour, j’arrive chez ma tante et je dis “Mais il est où l’autre chien ?” Et là, j’ai le Alex qui me regarde et me dit “C’est les Vietnams, ils ont mangé le chien.”
Les Vietnams, ils sont la cause de tous les maux au Laos…

Donc les Vietnams.
Des gens charmants, qui ne parlent pas un pêt d’anglais, mais avec qui nous avons le plaisir de partager tous nos repas. Nous nous remettons donc au langage des signes et arrivons à avoir un échange à peu près humain avec ces personnes en tout point délicieuses.

Alors je sais ce que vous allez me dire : “Mais en fait, c’était tout pourri la baie d’Halong ?”
Ben non, c’était super.
Parce que même les moments pas terribles, c’était marrants.
Et parce que quand même… Qu’est-ce qu’on ferait pas pour ravir les pensées de la Dame de ses pensées…

Bien à vous,

KikiDju, tour imperator

C’est un miracle Salomon, un vrai miracle

23/01/2010

Aussi vrai qu’on a tous melange coca et jus d’orange etant petit pendant un gouter d’anniversaire, il est egalement vrai que parfois, dans la vie d’un homme aliene dans une societe qui se veut moderniste, il est bon de de faire une mise au point sur les plus beau details de sa vie.

Et donc bravo a Diane Tell.

Aujourd’hui, je suis a Ho Chi Minh Ville, anciennement Saigon, et on fait aller. Je pars vendredi soir pour Hanoi afin de rejoindre la Dame de mes Pensees. De la, nous irons battre les chemins jusqu’a la baie d’Along, histoire de se faire plaisir.

Et histoire de se remettre des derniers evenements en date, aussi.

Et la, je vous vois bien faire vos innocents les mains pleines, les cocos Bel-oeil. Vous vous demandez ce qui peut bien clocher dans ma vie decerebree, faite d’exotisme et de sensualite exaltee.

He bien sachez, bande de petits fripons, que ma vie n’est pas la croisiere tout confort breakfast included que l’on imagine.

Deja, y’a eu l’incident de mon sac, que je pense avoir assez decrit dans mon article precedent.
C’etait a Jakarta, c’etait un jeudi, j’etais beau, j’etais fringuant, j’avais la vie devant moi. Depuis, plus rien ne sera jamais comme avant.
Deja, parce que tout mon bureau indonesien est a present persuade que j’ai le mauvais oeil. Mon assistante a Bangkok pense que cette tuile qui m’est arrivee est le resultat de mes actions de la journee, c’est a dire le fait que j’ai vire sa copine de tchat… Et si c’est pas ca, he bien je suis en train de payer pour ce que j’ai pu faire comme mal dans mes vies anterieures, parce que je devais etre un gros salaud.
Ces considerations laissent assez peu de place a la presomption d’innocence, mais d’un autre cote, mon assistante, je l’emmerde. Je sais, c’est pas bien, il faut respecter les gens, mais elle commence a me courir sur le haricot celle-la… Mais on en parlera une autre fois.

Donc le vol.
Et la, vous vous dites que je suis une petite nature, et que c’est bon, c’est la vie (comme disent les Autrichiens), et qu’il est temps pour moi de tourner la pache (toujours pour rester dans l’accent autrichien).
Mais c’est sans compter sur ce qui m’est arrive vendredi dernier, toujours a Jakarta.

La, je voudrais prendre un petit moment pour vous faire remarquer a quel point je fais jouer le suspense afin de vous narrer mes recits d’infortune. Voyez avec quelle tranquilite d’esprit j’arrive a vous faire perdre quelques minutes supplementaires de lecture, ce juste en enchainant les mots, mais de facon quand meme etudiee.
Oui, parce que c’est bien beau d’ecrire des mots, mais il faut que l’enchainement veuille dire quelque chose. D’ou le sujet-verbe-complement.

Je continue donc.
Vendredi dernier, Jakarta.
Le ciel etait d’une noirceur etouffante dans la nuit de Fevrier.
Et d’un seul coup, c’etait le matin.
Apres un petit dejeuner copieux, merci, je m’assieds confortablement dans un fauteuil de la reception de l’hotel, que j’aurais prealablement pris soin d’appeler “lobby”, parce que je suis un expat et que je suis tres tres cool.
Lina, soeur d’Hussein de son etat – Hussein est mon agent – doit venir me chercher a 9h00 pour aller a l’usine. Vers 9h30, j’envoie un texto a Lina pour savoir ce qu’elle branle. Ce a quoi elle me repond qu’elle m’envoie son chauffeur parce qu’elle a eu un contre-temps.

Ah oui : a Jakarta, toute personne ayant les moyens de se payer une bagnole a egalement les moyens de se payer un chauffeur, histoire de ne pas avoir a s’enerver dans les embouteillages.
Le chauffeur arrive, et youpi, on va enfin pouvoir aller bosser, parce que c’est pas tout ca, mais il est quand meme 10h00 avec vos conneries.
Nous prenons l’autoroute.
J’ouvre l’ordinateur portable pour verifier deux-trois trucs.
J’entends le chauffeur dire quelque chose que je ne comprends pas, mais ca devait un truc du style “Putain de bordel de merde de nom de Dieu de bite a couille”.

Le chauffeur pile.

Le chauffeur face (arf arf arf).

KikiDju releve la tete et voit que nous nous rapprochons dangeureusement de la voiture devant nous, qui, et c’est quand meme dingue, est a l’arret total sur la file de depassement (c’est la file de droite, mais en France, ca serait la file de gauche de l’autoroute).

KikiDju se dit “Ho ho, on va se la prendre”.

KikiDju n’a pas le temps de faire de priere, ni de chier dans son froc.

Le pare-choc de la voiture de derriere (et donc la notre) prend peu a peu la forme de la voiture de devant, et ce non sans quelques endorses aux principles de base de resistance et de memoire des materiaux. En clair, le pare-choc est totalement defonce.
KikiDju, qui ne porte pas sa ceinture, est propulse en avant et va faire un gros gros bisous au dossier du siege devant lui.
Ensuite, c’est ambiance “sortie de concert” : tu flottes sur un nuage, tu sais plus trop ou tu es, tu as les oreilles qui bourdonnent legerement.
Tu t’inspectes, mais tu n’as rien.
Le chauffeur te dit de sortir de la voiture. Tu t’executes, mais pas avant d’avoir recupere ton sac, parce que tu vas quand meme pas te faire baiser deux fois d’affilee.
Par chance, la voiture de Lina etait a 5 minutes derriere nous. Elle me prend dans sa voiture.
Et elle se fout de ma gueule parce que j’ai decidemment un probleme de Karma.
Arrive a l’usine, un des gars me conseille de prendre un bain compose de 7 fleurs, avec de l’eau provenant de 7 puits differents.
Il me dit que ca marche d’enfer contre le mauvais oeil.
Il me dit qu’il a donne un bain comme ca a sa moto, et que depuis, plus de probleme.

KikiDju se sent seul et desempare.

On dit souvent que dans ce genre d’accident, on a toute sa vie qui se met a defiler en un flash.
He bien ca ne m’est pas arrive.
Ou alors, le flash etait trop rapide.
Ou alors, y’avait tellement peu de choses a dire que meme pour un flash de vie, il etait super court.
Ou alors, c’est de la merde cette histoire de flash.

Mais bref.
De toute facon le flash c’est nul, parce que ca fait des photos surexposees, et du coup, ca nous fait des gueules de cul.
En tout cas, depuis cet accident, je me dis que tout ce qui m’arrive c’est du bonus, que la Vie m’a octroye un nouveau depart. Ca m’a totalement ouvert les yeux sur le carpe diem life style, sur le cote “jamais remettre a demain”, le machin-chose de cueillir des aujourd’hui les roses de la vie et de vivre a fond comme si il n’y avait pas de lendemain.
Tiens, hier soir par exemple, j’ai pas enleve la montre a mon poignet avant de me coucher. Truc de ouf.
Et puis l’autre jour, je voulais aller au cinema en compagnie de la Dame des mes Pensees, ben je l’ai fait.
Ah ouais, je sais, ca calme. Attention, the new Kiki is in town.
Alors vous aussi, bande de Jean-Foutre, dites oui a la Vie, profitez du quotidien, faites-vous plaisir et mettez votre plus belle robe pour aller au bal.

Je vous benis tous,

KikiDju, miracle sur patte

Ocean’s 14

23/01/2010

Putain.

Je sais, c’est pas bien de jurer et que ca me ressemble pas, mais une fois n’est pas coutume.
Moi qui d’ordinaire devolue ma vie a la chaste parole, au bon mot, a l’absence totale d’ecart du langage, enfin a parler correct, quoi… He ben la, bordel de bite a cul, je me permets de transgresser toutes les regles de bienseance que mon education chretienne-catholique de bonne famille m’avait jusque la inculquees.

Putain, donc.

Enfin merde, qui ne dirait pas un petit gros mot dans de pareilles circonstances ? Je me souviens de ce jour… Un jour marque du sceau de l’infamie…

Quoi, de quoi je parle ? Mais non, pas Pearl Harbor… Mais qu’il est con cui-la.
Je parle bien evidemment de l’acte d’aggression, que dis-je, de sauvagerie extreme, non, de viol cerebral dont je fus la malheureuse victime la semaine derniere.

Enfin merde, vous lisez pas les infos ? Ah bonjour l’ouverture sur l’exterieur, ca fait plaisir…
Bon, ben j’imagine que j’ai plus qu’a vous raconter.
Moumou, va te chercher un Fanta.
Oui, et des cahouetes.
Oui, grillees a sec, si tu veux.

Bon, merde, tu fais chier, tu ralentis tout le monde. Du coup, les gens ils attendent l’histoire, ils s’impatientent, et puis moi je suis tout noue du cou.

C’est bon, tout le monde est concentre ?
Non Moumou, on attend pas Bertrand. Ca fait 15 ans qu’on attend plus Bertrand, c’est totalement dingue de ta part de penser qu’on va l’attendre aujourd’hui.
Donc je commence.

Vous preferez le recit au present ou au passe simple ?

(grognements dans l’assistance)

Woh c’est bon ! Je commence…

Donc.

C’etait donc mercredi dernier.
La nuit etait noire.
Enfin pas totalement, puisqu’elle venait de tomber et qu’on etait en plein ville, mais je suis sur que TECHNIQUEMENT, elle etait noir, la nuit.

On sortait de l’usine avec Hussein et…
Oui, Hussein, c’est mon agent indonesien. C’est aussi un ami.

Alors on sortait de l’usine avec Hussein et nous gambadions joyeusement avec la voiture et ses roues (en fait, on roulait) en direction de mon hotel, tout heureux que nous etions de savoir qu’il ne nous restait qu’a peine une heure et demie de bouchons pour arriver a bon port.

Quand d’un seul coup, Hussein se tourne vers moi et me dit qu’il se pourrait bien que le pneu arriere gauche soit creve.

A ce stade du recit, je voudrais en profiter pour rappeler qu’en Indonesie on roule a gauche et que donc le volant est a droite.

(protestations dans l’assistance)

Non mais ca sert a rien de gueuler ! Si je vous dis ca, c’est parce que c’est important pour la suite de l’histoire, alors c’est pas la peine de venir ensuite me dire que vous avez pas compris, puisque vous etes si malins.

Je continue.
Volant a droite, donc.

Avec Hussein, on se dit qu’autant d’adversite ne va pas nous faire peur, et nous descendons vaille que vaille dans l’idee de mater cette roue recalcitrante qui ne sait manifestement pas a qui elle a a faire.

Cric, ok.
Demontage des boulons, ok.
Enlevage de la roue, o…

Enlevage de la roue, o…

Merde, mais c’est qu’elle veut pas se casser, cette putain de roue.

Entre temps, je veux aller chercher un truc dans mon sac qui est reste dans la voiture.
Un sac genial, absolument revolutionnaire, totalement ergonomique, dans la plus pure tradition Samsonite, et que la Dame de mes Pensees m’a offert la semaine derniere en gage d’amour.
Mon coeur fremit a l’idee d’etreindre le sac et de dezipper la fermeture eclair qui ouvrira les differents compartiments magiques me menant, au choix, a mon ordinateur portable, mes notes de bureaux, mon disque dur externe, mon passeport, mon portefeuille, mes cartes de credit ou mon argent liquide.

Mais il est ou, ce con de sac ?
Hussein, t’as pas vu mon sac ?
Mais non, je l’avais mis la… Et non, je crois pas l’avoir laisse a l’usine… D’un autre cote, depuis 10 minutes qu’on cherche sur 20 centimetres carres d’espace, il faut bien se rendre a l’evidence, comme quoi le sac n’est pas la.
10 minutes plus tard, un pote de Hussein arrive en moto. Il me ramene a l’usine, ou j’inspecte chaque recoin, histoire de bien me rendre compte que le sac m’a fait un remake des plus beaux tours de David Copperfield.

Ce n’est qu’une heure plus tard, au commissariat, que l’inspecteur en chef prendra sur lui d’inspecter la roue crevee sans mettre de gants (un vrai heros), et qu’il trouvera un clou bien enfonce dans le pneu.

Je vous sens totalement captives et suspendus a mes levres, alors je vais vous expliquer la technique du gars.
Prenez une baleine de parapluie, dont vous couperez un petit morceau de 5 centimetres de long.
Limez une extremite du morceau afin d’obtenir un bout tres pointu.
Courbez le clou ainsi obtenu en angle droit, a environ la moitie de la longueur.
Mettez la parti non pointue du clou entre votre semelle et votre chaussure a proprement dite, de sorte a ce que la partie cloutale pointe vers le haut.
Mettez vous a cote d’une portion bien defoncee de la route.
Attendez ensuite le chaland, qui passe a vitesse minimale pour ne pas niquer son bas de caisse et ses amortisseurs.
Vous aurez pris soin d’etre assis sur le siege passager d’une moto.
Vous aurez egalement pris soin d’avoir un acolyte avec vous, afin qu’il conduise la moto.
Le chaland passe sur le clou, le pneu se degonfle petit a petit, la structure incurvee de la baleine de parapluie aidant au degonflage.
Suivez la voiture avec votre acolytes, guettant le moment ou la voiture va s’arreter pour que le conducteur change le pneu.
Pendant que le conducteur s’acharne a changer le pneu du cote arriere gauche, vous n’avez plus qu’a passer cote conducteur (donc de l’AUTRE cote), histoire de chourer tout ce que vous pourrez trouver. Votre ami et acolyte saura a quel moment redemarrer afin de vous emmener profiter de la belle prise dans un lieu convenu par vous deux, ce a moins que votre acolyte soit un pire encule que vous, ce qui resultera tres probablement par un passage a tabac.

Donc voila comment on se retrouve misereux en l’espace de quelques secondes.
Je passe sur l’episode des Experts (CSI) Jakarta, qui aurait fait un bon sketch, en particulier le moment ou ils voulaient qu’on aille sur le lieu du crime afin de proceder a une reconstitution. Episode qui s’est solde par un bifton dans la poche de l’inspecteur.

Pour mon plus grand bonheur, en arrivant dans ma chambre d’hotel, je me rendis compte que mon ancien passeport etait toujours dans la chambre, et que mes voleurs n’avaient ravis “que” le nouveau passeport dont je ne m’etais pas encore servi.

Oui, parce que j’avais demande a l’ambassade de me le laisser, le temps de finir toutes les pages. J’en suis a mon cinquieme passeport cette annee, alors chaque page compte.

Donc voila.
Depuis, c’est un peu un nouveau depart dans la vie.
Tout mon staff est persuade que le nauvais oeil est venu frapper a ma porte pour cause de mavais karma, puisque le meme jour, j’avais licencie une assistante de Jakarta qui ne faisait pas son boulot. Donc le vol est venu couronner une journee de merde.
C’est bien.

Enfin voila quoi…

Je vais vous laisser.
Desole pour le manque d’accents dans cet article, mais je n’ai pas encore reccupere d’ordinateur avec un clavier en francais.Ceci explique donc cela.

Bien a vous,

KikiDju, dit “le demonte-pneu”

Si j’existe, c’est d’être fan

02/11/2009

“KikiDju aimerait s’arracher un bras pour avoir quelque chose à te jeter à la gueule.”

J’aime beaucoup. Je me souviens plus où j’ai piqué cette phrase qui n’est pas de moi, mais j’aime beaucoup. Je l’ai mise hier en tant que statut sur mon Facebook et j’en ris encore.

Facebook.

Il paraît qu’on est tous un peu le produit de notre époque.
Ben là, notre époque, c’est l’époque Facebook. Une époque où deux points et une fermeture de parenthèse, ça veut dire que tu es content.

Vous imaginez dans 10 000 ans, si des archéologues retrouvent un ordi, arrivent à le faire marcher, et tombent sur l’historique d’une conversation MSN de mon petit cousin ?

“Il semblerait suivant le spécimen retrouvé sur le site de Beychac-Et-Caillau, que les hommes primitifs avaient mis au point une forme d’écriture de type hiéroglyphique et dont l’usage devait certainement être réservé aux rituels chamaniques pour le rite de passage à l’âge adulte. Reste cependant deux mystères qui demeurent et dont nous ne trouveront certainement jamais l’origine et la signification véritable, à savoir “lol” et le point virgule suivi d’une fermeture de parenthèse ;)
Il se pourrait que lol soit une symbolisation de la perfection du nombre d’or, qui semblait vénéré par ces cultures primitives bien que n’en sachant pas la signification intrinsèque, le rond central apportant une notion d’équilibre.
Quand au deuxième hiéroglyphe, ainsi qu’à tout ses hiéroglyphes associés, il se pourrait que celui-ci soit lié au culte de la Lune, qui semblait très en vogue à l’époque, avec la fermeture de parenthèse qui nous rend la symbolique du croissant.
Cette hypothèse est étayée par les recherches du professeur Amadou N’Diaye, qui dans son ouvrage “De la décadance humaine et occidentale au XXIème siècle” avait bien mis en exergue l’influence quasi-mystique de la Lune sur …”

Et on pourrait continuer comme ça pendant des heures, mais au bout d’un moment, c’est chiant, alors j’arrête.
Mais quand même, Facebook… C’est quelque chose.
Déjà, pour moi, c’est génial, car ça me permet de rester en contact avec plein de gens que je perdrais de vue sinon. Quand on habite loin, c’est quand même un outil précieux.
Après, y’a un côté sympa “Je retrouve des potes d’il y a longtemps”. Enfin, sympa oui et non…
Parce que parfois, c’est la galère, les listes d’amis.

La liste d’amis, c’est dire au monde entier que tu les as divisé en deux catégories : tes amis, et tes pas amis.
Recevoir une demande d’ajout à ta liste d’amis, c’est pas une procédure standard. Y’a plein de cas de figure :
- Le gars que t’as pas vu depuis super longtemps, mais t’avais bien déliré avec lui durant la collo de 1988 au camping de Beychac-Et-Caillau : tu l’acceptes. Vous allez jamais vous écrire, mais c’est pas grave, ça fait plaisir.
- La fille qui était lourdingue au collège, qui selon ce que tu lis sur son profil a l’air d’être toujours aussi lourdingue, qui a déjà eu le temps de divorcer, alors que toi t’as même pas eu le temps d’acheter un poisson rouge, et qui “recherche des amitiés et des rencontres” : à éviter comme la peste, faire le mort, la jouer ninja.
- Le copain d’un copain. Mouais, il est sympa, mais sans plus, et puis tu le connais pas très bien. Pourtant, il te demande ton amitié. Et rien que ça, tu trouves ça étrange… Putain, mais il a pas d’amis ou quoi ? Action : tu mènes d’abord une enquête sur son profil, histoire de voir si il fait pas partie d’un groupe du type “fanclub de Sarkozy”, “les Timbrés de l’Afrique: pour tous les philatélistes spécialisés sur le Zimbabwé” ou encore “Le Monde court à sa perte et on va tous crever”.
- Il y a aussi les gens qu’on voudrait refuser, mais qu’on a du mal à refuser : tu laisses sa demande d’ajout en attente et ça fait bientôt un an que tu te dis qu’il faudrait prendre la décision fatale à chaque fois que tu vois la demande, mais tu repousses encore une fois l’inéluctable.
- Il y a celui ou celle que ça te fait chier d’accepter, mais bon, tu l’acceptes. Allez, avouez-le, on en a tous un dans notre liste…

Après les listes d’amis vient le moment tant attendu – et on a déjà un peu abordé le sujet – des groupes et autres fanclubs auquel tu peux adhérer.
Facebook, c’est avant tout montrer qu’on en a une paire aux yeux du monde et prendre des positions fortes sur des sujets de sociétés brûlants en devenant “fan” de quelque chose. Dans cette optique, tu peux donc devenir fan de Lindsay Lohan, de la baguette de pain, de la grasse matinée, de Bob l’Eponge, du MacFlurry, de l’Hiver ou de John McCain.
Donc tu peux être fan, mais tu peux également faire partie d’un groupe, sorte de lobby organisé qui permet de faire pencher l’opinion publique de ton côté : “Chihuahua Club Bangkok”, “Contre les cons qui restent immobiles à gauche sur les escalators”, “Quand j’avais ton âge, Pluton était encore une planète”, “Ici on dit chocolatine et pas pain au chocolat !”. Voila quelques exemples de prises de positions lourdes de conséquences qui font tous les jours de Facebook l’un des derniers remparts de la démocratie.

Enfin, et non des moindres, vient la mise à jour de ton statut.
Ton statut, c’est la petit ligne qui apparait à côté de ton nom et dans laquelle tu peux partager avec tout un chacun ton humeur du moment. Bon, moi j’avais envie de m’arracher un bras pour avoir un truc à te jeter à la gueule, mais après, chacun fait comme il le veut…
Ce qui est amusant cependant, dans notre société moderne ou tout va toujours plus vite et où l’humain est sacrifié sur l’autel de la productivité, c’est que si je vais avoir droit à trois commentaires à l’article que je suis en train d’écrire (et qui met quand même un peu plus de temps à pondre qu’un simple “KikiDju est content aujourd’hui et pour fêter ça, il a décidé de pisser à la raie de la proprio de son appart”), hé bien c’est qu’une simple mise à jour de statut peut te valoir jusqu’à 4 commentaires par jour !
En terme de productivité horaire, c’est quand même énorme, non ?

Donc je vois pas trop pourquoi je me casse le cul.
Dons je vais arrêter là cet article.
Donc à bientôt.

Bisous,

KikiDju, facebouquiniste

Little Buddha

02/11/2009

On traverse la Vie comme un vase traverse le temps : parfois, il s’ébrèche, et on y met ce qu’on peut pour remplir la faille.

C’est superbe.

J’ai envie de prendre un moment pour réfléchir à ce grand élan de poésie dont j’ai fait preuve à l’instant et que je bousille avec sadisme par le non moins grand moment de flagornerie dont je fais actuellement preuve et qui va se terminer par un point.

Point.

Ca va vous, sinon ?

C’est bien. C’est important que ça aille.
D’ailleurs, c’est quoi cette expression, quand on demande si ça va ? Ca va où ? C’est vrai, sans déconner… Ca va où ?

Je me souviens du lycée, tout à coup. Période bénie de la vie où tu t’appliques avec zèle à ne ressembler à personne, ce qui a en général pour finalité de ressembler à tout le monde. Pour ceux qui ne comprennent pas ce que je dis, tapez “tecktnonik” dans Google.
Donc tu ressembles un peu à tout le monde et à personne à la fois, ce qui fait ta beauté en tant qu’être humain.

Durant cette époque, j’ai eu une phase où à la question “Salut, ça va ?”, je prenais un malin plaisir à répondre “Non”, juste histoire de voir la réaction des gens.
Vous ne vous rendez pas compte à quel point répondre que ça va pas est une position anarchiste dans les usages.
Quand tu dis ça, ton interlocuteur est comme un con. Le monde s’effondre autour de lui, et il ne sait pas quel doit être le prochain stade de la conversation.

Merde… Il avait prévu tout un début de discussion portant sur ma présence ou non à la cantine ce midi et là, paf, la tuile, le truc totalement inattendu… A une simple question de routine, le voila au prise à une situation inattendue : celle de confident d’un être en souffrance.
C’en est presque gênant cette réponse qui renverse l’ordre établi. Il va falloir s’enquérir tout de go de la nature de cette souffrance, et merde, j’ai autre chose à foutre.

Bouddha, qui était assez philosophe, a émis un jour l’existence de trois vérités inéluctables concernant l’être humain : l’existence de la souffrance, l’existence de la nature de la souffrance, et l’existence d’une voie vers l’abolition de la souffrance, souffrance qu’il appelait Dukkha, car il était philosophe.
La nature de la souffrance provient de l’attachement aux choses et aux êtres, de mamie à la Playstation en passant par le sandwich que tu t’es tapé à midi.

Mais je m’éloigne du sujet.

Quand j’étais en DESS, j’avais un prof qui s’appelait Monsieur Darbon.
Un homme assez philosophe, même si il n’a pas marqué son époque à l manière de Bouddha.
Il disait toujours que notre vie professionnelle, il était important de toujours conserver “un anticonformisme de bon aloi”.
Autrement dit : “soit dans le moule, mais sache aussi t’en démarquer.”

Car aujourd’hui, qu’est-ce qui nous différencie de nos problématiques adolescentes ?
Plus besoin de demander aux parents la permission de minuit, certes.
Plus besoin de se demander si Charlotte tourne la langue dans le bon sens quand elle embrasse, re-certes.

Finalement, être adulte, c’est comme être adolescent, mais avec plus d’argent et une capacité plus réduite à se mettre des cuites sans avoir mal à la tête le lendemain matin.

Mais on cherche toujours à être bien dans sa peau.
On a toujours une autorité au-dessus de nous pour nous dire quoi faire.
On a toujours des gens pour nous emmerder.
On cherche toujours à se démarquer tout en vivant une vie finalement assez proche de celle du voisin.

Etre adulte, c’est comme être adolescent, mais avec une femme, un chien, deux gosses, un Scénic et un emprunt sur la maison.
Ce qui me fait dire que je ne suis pas encore tout à fait adulte.

Enfin bref.

Aujourd’hui, et depuis 4 jours en fait, je suis en Indonésie.
Tournée chez des clients dans le centre et l’Est de l’île de Java. En compagnon de fortune (ou d’infortune), mon inénarrable Gégé aux commandes, toujours plus flamboyant.

Hier soir, j’ai passé la nuit dans le meilleur hôtel de Kudus, le Gripta.
C’est très certainement le meilleur car c’est le seul, ou l’un des seuls.
C’est assez amusant, cet hôtel.
Déjà, il y a la douche, avec une eau tellement grasse que tu as l’impression que le savon mousse de façon impeccable, jusqu’à te rendre compte qu’en fait pas du tout, c’est bien la flotte qui te donne l’impression que ta peau est encore recouverte de savon depuis 10 minutes que tu rinces. Si quelqu’un sait ce que sait et connaît les risques pour la santé, ça m’intéresse.

Ensuite vient le repas du soir. J’affectionne ce moment. Moment ? Que dis-je, cet évènement.
Donc le soir, nous mangeons à l’hôtel. Il y a un restaurant en terrasse, qui sert une petite eau en bouteille dont vous me direz des nouvelles. Je m’en suis d’ailleurs servi plus tard dans la soirée pour me laver les dents.

J’aime bien ce blog, car c’est aussi un moyen de partager avec toi lecteur toute la beauté de mon quotidien. Mais arrêtons là les digressions afin de nous concentrer sur le sujet en cours.

Donc dans ce restaurant, il y a tous les soirs un gars qui joue du clavier avec une boîte à rythme et une chanteuse.
Le “groupe” arrive et s’installe, ils font une petite chanson, mais déjà, la foule commence à s’impatienter.
La foule, c’est nous, les quatre serveuses et les trois mecs disséminés dans la salle.
Parce que les trois mecs, ils sont venus pour chanter. L’un deux, que je vois à chaque fois, à mis sa plus belle casquette et son plus beau T-shirt hard Rock Café Helsinki pour l’occasion. Sa cinquantaine bien tassée et son paquet de clopes quotidien lui ont façonné une voix que les plus grand crooners de Borobudur à Malang lui envient.
Un peu plus loin, son challenger, casaque bleu et chemise batik, petit collier de barbe, l’oeil du Tigre, mais moi je sais bien qu’il tiendra pas la mesure face à mon champion Hard Rock Café Helsinki.
Les mecs sont là tous les soirs, prêts à tous pour la lumière des spotlights.

Le challenger s’élance. Cet espèce de fou n’est pas échauffé qu’il tente déjà le tout pour le tout et reprend un tube des Carpenters.
Hard Rock Café Helsinki, il a compris. il n’attend pas la fin du tonnerre d’applaudissement déclenché par les deux serveurs du bar pour se pointer sur scène, dans toute sa splendeur, prendre le micro tel le Saint Graal, le porter aux lèvres et commencer à entonner “Without you” (de Harry Nillson si je ne m’abuse – veuillez me corriger si je me trompe – mais qui a été repris plus récemment par Mariah Carrey).
A partir de là, c’est la folie. La boîte à rythme est comme dotée de vie ou muée par une force supérieure, le claviériste vit son plus grand moment de lyrisme et la foule en masse est en état d’hypnose.

A moins que le claviériste s’emmerde, que les serveurs se fassent chier tout autant que nous et que le chanteur chante faux.
C’est également un scénario possible, mais je pourrais pas trop dire…

Vient le moment du dessert.
Je demande une glace à la vanille.
La glace arrive.
Pas trop de goût de vanille, mais c’est pas gra…

Attends.

Putain.

Elle pue le durian, en fait, cette glace.
Pour ceux qui connaissent pas, le durian est un fruit qui pue la mort, mais qu’une quantité non-négligeable d’Asiatiques considèrent comme étant le meilleur fruit au monde.
C’est un fruit qui contient énormément de soufre, et qui chlingue sa race, si vous voulez bien me passer l’expression.

Et puis après, vous me passerez le sel.

L’histoire, c’est que la même cuillère sert à servir la glace à la vanille ET la glace au durian. Mais le problème, c’est que le durian a une odeur TRES persistante, un peu comme si vous utilisiez une même cuillère pour manger un camembert puis un yaourt à la fraise dans la foulée.

Je demande un changement de glace, en m’excusant comme une merde pour le désagrément.
Ils me ramènent une autre glace, mais l’aspect fondu me paraît bizarre.
Je goûte quand même.

Les cons.
Ils ont pas changé la glace, ils ont juste touillé et rajouté un peu plus de glace au-dessus.
Mon commercial, que j’appellerai Tony, me voyant sur le point d’exploser (ou de vomir), se lève pour dire aux serveuses dans un indonésien impeccable (remarque, c’est normal, puisqu’il est Indonésien) que ça serait bien qu’elles arrêtent de se foutre de notre gueule et qu’elles changent vraiment la glace.

La nouvelle glace arrive.
Avec une boule supplémentaire pour s’excuser.
C’est gentil.
Pas de durian en vue.
Problème : après tous ces tests gustatifs à bouffer de la glace dégueue, j’ai plus faim.
Me voila donc obligé de bouffer une glace sans durian, certes, mais pas franchement bonne non plus, histoire de donner le change et de pas avoir eu à péter les couilles de tout le monde pour rien.

Enfin c’est ça Kudus.
La ville Sainte.
Ouais, parce que c’est ça que ça veut dire, en fait.

Mais on va peut-être arrêter là pour aujourd’hui de toute façon.

Adishatz,

KikiDju, client de merde


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